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Je souhaite vous faire partager par l'écrit et les photos, tous les aspects d'un pays, à travers son histoire, son économie, et surtout l'âme de son ou de ses peuples. Au fur et à mesure, vous découvrez le pays et les gens que je rencontre avec moi. Vous marchez dans mes pas et c'est l'occasion de découvrir tel aspect de la vie, tel magnifique paysage, tel site touristique, tel problème politique. Alors partez avec moi

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PRESENTATION DU NICARAGUA - Chap I

 

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 Présentation du pays

 

Le Nicaragua est le plus grand des Etats de d'Amérique centrale. Il est situé à la limite du Honduras au Nord et du Costa-Rica au Sud. Il est bordé par la mer des Caraïbes et l'Océan Atlantique à l'Est et par l'Océan Pacifique à l'Ouest. Au Nord, face à la frontière hondurienne, se trouve la cordillère Isabelita. Au Sud le lac Nicaragua ou Cocibolca s'étend approximativement sur 148 km de long et 55 km de large ; c'est une véritable mer intérieure. L'île d'Ometepe, au Nord ouest est la plus grande des 130 îles qui se trouvent dans le lac. Ces îles sont connues pour leur beauté et constituent une des principales attractions touristiques du pays, avec l'archipel des Solentiname qui est situé au Sud-Est près de la frontière du Costa-Rica. L'autre grand lac est celui de Managua situé au Nord Ouest, à côté de la capitale.
Le pays est divisé en trois grandes zones: les terres basses de l'Atlantique qui forment de grandes étendues marécageuses, la région montagneuse centrale et les terres basses du Pacifique. Le territoire compte 40 volcans dont le volcan Momotombo (1258m) près du Lac de Managua. L'altitude moyenne est de 440 mètres au dessus du niveau de la mer et son point culminant est le mont Mogotin à 2 100 mètres d'altitude.

Les principaux fleuves sont :

-Le San Juan qui forme la frontière avec le Costa-Rica depuis le lac Nicaragua et débouche dans l'Atlantique.

-Le fleuve Coco (le plus abondant de l'Amérique Centrale), le Grande et l'Escondido (important pour la communication et le transport) qui se jettent dans la mer des Caraïbes.
La majorité de la population du Nicaragua vit dans les terres basses entre le Pacifique et le versant occidental du lac Nicaragua, la rive Ouest du lac Managua et le versant Sud Ouest de la chaîne des volcans. Sur la côte orientale, vivent les indiens miskitos.

 

Institutions

Le Nicaragua est une République unitaire, dotée d'un régime présidentiel. Le président et le vice-président sont élus au suffrage universel direct, pour un mandat de cinq ans. L'Assemblée Nationale comprend 92 députés, dont 90 sont élus au scrutin de liste à la proportionnelle.

La Cour Suprême de Justice est composée de seize magistrats, désignés pour cinq ans par l'Assemblée Nationale.

Le pays est divisé en 17 départements, 152 municipalités et 2 régions administratives autonomes sur la côte Atlantique.

 

 

Superficie : 129.494 km² -Population (2008): 6,2 M. hab.- Capitale : Managua

Langue officielle : espagnol ; (l'anglais, le miskito et le sumo sont parlés sur la côte atlantique).

Religions : catholiques (73%), mouvements évangélistes (15%), moraves (1.5%), sans confession (8,5%).

Monnaie : Córdoba. [1$=20,30C$ - 1€=1.3864$ -(06/09)]

Données démographiques

Croissance démographique (2008) : +1,8 %

Espérance de vie (2008) : 71 ans

Taux d'alphabétisation (2008) : 77 %

Part de la population vivant en deçà du seuil de pauvreté (2008) : 48%

Données économiques

PIB (2008) : 6,732 Mds USD

PIB par habitant (2008) : 3, 083 USD  - 800 $/an -

Taux de croissance (2008) : 3,0%

Taux de chômage (2008) : 5,6%

Taux d'inflation (2008) : 13,8 %

Transferts des expatriés (2008) : 462 MUSD, soit 15% du PIB

Principaux clients (2008) : Etats-Unis, Salvador, Honduras.

Principaux fournisseurs (2008) : Etats-Unis, Venezuela, Costa Rica.

Part des principaux secteurs d'activités dans le PIB (2008)  :
- agriculture : 18,3 %
- industrie, construction, mines : 26,6 %
- services : 55,1 %

Exportations : café, viande, banane, or, coton.

Communauté française au Nicaragua (2008) : 570 personnes

Communauté nicaraguayenne en France (2008) : 350 personnes

 

 

Situation économique

 

Le Nicaragua subit les effets de la crise financière internationale et surtout du ralentissement économique aux Etats-Unis. L'économie nicaraguayenne est affectée notablement par la baisse du cours des denrées agricoles qui constituent l'essentiel de ses exportations (maïs, sorgho, haricots, coton, café, sucre, bananes, viande) et la réduction très sensible des transferts financiers des émigrés nicaraguayens au Costa Rica et aux Etats-Unis).

C'est aussi un grand pays d'élevage bovin, l'un des principaux producteurs d'Amérique Centrale.

La production de bois est importante. On pêche surtout des langoustes et des crevettes.

L'industrie se structure autour de la transformation des matières premières : sucre raffiné, produits chimique, tabac, textiles, ciments et plastiques. Les beneficios sont les usines de conditionnement du café.

L'industrie minière produit de l'or, du cuivre et de l'argent.

Si la croissance du secteur des ateliers de confection - maquilas - du fait de la compétitivité des produits nicaraguayens (moindre coût de la main d'œuvre) avait permis, notamment en 2006 et 2007, une relative amélioration des indicateurs économiques (en 2007 la croissance avait atteint 5% et l'inflation limitée à 9%), la situation s'est considérablement dégradée en 2008. Le taux de croissance est retombé à 3% et l'inflation s'est élevée à 13,8%. Cette conjonction de facteurs défavorables, associée à un endettement abyssal, a conduit les autorités nicaraguayennes à prendre (janvier 2009) une série de mesures pour faire face à la crise et au retrait des principaux pourvoyeurs d'appui budgétaire (réduction de 20% des dépenses de l'Etat, économies d'énergie, soutien à l'exportation des produits agricoles, reprise du dialogue avec les pays donateurs).

 

Le Nicaragua, avec le Honduras, fut un des pays les plus touchés par l'ouragan Mitch à la fin du mois d'octobre 1998. Avant les inondations provoquées par l'ouragan, il y eut la sécheresse du à l'effet climatique del Niño en 1997. En plus des dommages personnels et des infrastructures, la catastrophe a détruit les récoltes. Ce qui est désastreux pour un Etat  dont la principale activité économique est l'agriculture. Le pays fut en manque d'aliments. Le déséquilibre de son commerce extérieur interrompit son processus de récupération économique et provoqua une inflation importante. Les principaux produits agricoles sont le maïs, le sorgho et les haricots. En plus le Nicaragua exporte du coton, du café, du sucre, des bananes et de la viande. L'agriculture emploie les deux cinquièmes de la population mais représente un quart du Produit Intérieur Brut.

L'industrie nicaraguayenne est basée sur la transformation de matières premières, comme le sucre raffiné, les produits dérivés du pétrole, les produits chimiques, cigarettes et cigares, articles en peau, textiles, ciments et plastiques. Les plus grosses richesses de sa petite industrie minière sont l'or, le cuivre et l'argent. En plus des produits agricoles déjà cités, le Nicaragua exporte de l'or et des textiles. En contrepartie, il importe des minéraux, combustibles, produits pour son industrie et des biens d'équipements pour le transport. Ses principaux partenaires commerciaux sont les Etats-Unis (30,2% de ses importations et 41,9% de ses exportations), Mexique, Espagne, Le Salvador, Chili, Canada, Allemagne, Taiwan et Japon. Le Nicaragua est membre du Marché commun d'Amérique Centrale, de la Banque Interaméricaine de Développement et vient de signer un traité de libre commerce avec le Chili.

Les principaux secteurs industriels ont été nationalisés après la révolution sandiniste de 1979, mais ils furent de nouveau privatisés à partir de 1990, sous la Présidence de Violeta Chamorro. Dès son arrivée au pouvoir, les Etats-Unis retirèrent les sanctions économiques qui avaient été imposées au régime sandiniste de Daniel Ortega, De plus le Nicaragua obtint des aides financières du FMI à condition d'adopter un programme de réajustement économique.

 

 

La politique de la droite libérale

Ils privatisèrent l'économie et supprimèrent les subventions et prestations destinées aux plus démunis. Des usines coopératives ou nationales durent fermer leur porte accroissant le nombre des chômeurs dans ce pays où la moitié de la population ne mangeait pas à sa faim.

Selon l'ONU, le Nicaragua est passé de la 71° place en 1990 (arrivée de la droite au pouvoir) à l 10° place en 2008 sur l'échelle du développement humain. C'est en constatant ces faits que l'on peut apprécier pourquoi les sandinistes sont revenus au pouvoir...

 

 

Avec le retour de Daniel Ortega à la présidence, le Nicaragua est entré dans l'ALBA (L'alliance Bolivarienne pour les Amériques) qui compte à ce jour sept pays : Cuba, le Venezuela, la Bolivie, la Dominique, l'Equateur (observateur, adhésion juin 2009), le Honduras. Ce traité regroupe les pays sur des bases de coopération et d'échanges à la différence de l'ALCA que voulait imposer les Etats-Unis et auquel ils ont du renoncer pour conclure des accords bilatéraux.

Le Nicaragua a adhèré dès janvier 2007 à l'ALBA. Le Venezuela devint son allié majeur dans la région, ce qui permis au Nicaragua de bénéficier de livraisons de pétrole à des conditions préférentielles.

Depuis la victoire contestée du FSLN aux élections municipales de 2008 :

      -     Les Etats-Unis ont gelé « provisoirement » tous les projets prévus dans le cadre du « Millenium ». La droite refuse de siéger à l'Assemblée et ne veut pas approuver le budget pour 2009, alors que les fonds pour continuer les projets sociaux et l'amélioration du réseau routier sont disponibles. Face à cette pression économique, Hugo Chavez a déclaré que le Venezuela comblerait l'aide manquante des Etats-Unis.

Au delà du discours, la relation avec les Etats-Unis reste dominante compte tenu du poids de ce pays dans l'économie nicaraguayenne (64% des exportations et 21% des importations, transferts financiers des expatriés nicaraguayens et liens humains qui découlent d'une émigration forte vers ce pays). L'entrée en vigueur, le 1er avril 2006, du traité de libre-échange entre les Etats-Unis, l'Amérique centrale et la République Dominicaine (CAFTA-DR), a contribué à renforcer les relations économiques bilatérales. La coopération américaine atteignait 50 MUSD/an.

       -     Le premier à serrer les vis fut l'Allemagne. En avril 2008, le Ministère fédéral de collaboration économique et de développement annonce l'annulation d'une aide de 7 millions d'euros. Heidemarie Wieczorek-Zeul justifie cette décision en disant que la corruption avait atteint des niveaux importants depuis l'arrivée des sandinistes au pouvoir.

       -     La Commission Européenne, dont la délégation régionale est basée à Managua, débourse 50 millions d'Euros par an en faveur du Nicaragua (214 M€ programmés pour la période 2007-2013). La France contribue à hauteur d'environ 17,5%, soit aux alentours de 13M€/an. Après avoir été concentrée sur l'aide humanitaire, cet appui est désormais davantage orienté vers la bonne gouvernance, le développement économique et l'intégration régionale. Au delà de l'aide, l'UE contribue au développement des échanges commerciaux du Nicaragua par le biais de préférences tarifaires (SPG Plus). En octobre 2007, l'Union européenne a lancé avec l'Amérique centrale des négociations en vue d'aboutir à un accord d'association.

Depuis novembre 2008, l'Union européenne, sous prétexte d'une soi-disant dérive autoritaire du gouvernement de Managua a  gelé l'aide budgétaire européenne  (26 novembre 2008).

 

Le Nicaragua continue à entretenir des relations étroites avec les institutions spécialisées de l'ONU et les organisations internationales. Le Fonds Monétaire international, la Banque Mondiale, et le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) ont un rôle économique et social non négligeable.

Au plan régional, il faut souligner le soutien de Managua à la dynamique intégrationniste centre-américaine. Dans le domaine militaire, le Nicaragua coopère avec ses voisins dans le cadre de la Conférence des Forces armées centraméricaines (CFAC), institution créée en 1998, qui regroupe les quatre pays du nord de l'isthme (Guatemala, Salvador, Honduras et Nicaragua).

Certains pays d'Asie sont également très présents au Nicaragua. Avec une aide de plus de 20 MUSD en 2007, le Japon compte parmi les premiers bailleurs de fonds du pays. De même, Taiwan avec lequel le pays entretient des relations diplomatiques, consent dons et prêts à des taux avantageux, il est également très présent dans le secteur des « maquiladoras ».

Zones franches et de non-droit*

Près de Managua, une zone franche emploie 30 000 ouvriers et surtout des ouvrières, dans des maquiladoras. La production, essentiellement textile est réservée à l'exportation. Ces zones se sont développées sous le gouvernement libéral d'Arnolfo Alemàn. Si elles ont permis la création d'emplois dans un pays où le chômage et le sous-emploi atteignent 40 à 50 % de la population, ces enclaves du capitalisme mondialisé sont des zones de non-droit et d'exploitation maximale des travailleurs : pas d'impôts, pas de syndicats, des salaires très bas. Elles ne rapportent pas de ressources directes à un Etat qui en manque cruellement.

 

L'ETAT et les ressources.

Un quart du PIB est fourni par l'extérieur, par les dons, les revenus exportés par les immigrés, par l'aide internationale.

L'Etat a beaucoup de difficultés à percevoir les taxes et les impôts, malgré une campagne d'explication qui s'affiche sur les arrêts de bus : Payez vos impôts !  Payez des impôts n'est pas considéré comme naturel dans ce pays marqué par le libéralisme, le laisser-faire, la corruption. Avec peu de ressources publiques, il est difficile de mener une politique autonome de développement des équipements, des structures, des Services publics (une notion incompréhensible pour l'opinion)...

La suspension des aides internationales, après les élections municipales de 2008, va engendrer de grandes difficultés pour le gouvernement de Daniel Ortega, si elles ne sont pas compensées par les pays frères de l'Alba et le Venezuela.

Aide internationale : 25 % du PIB

Remises des expatriés : 18 %

NIVEAU DE VIE

- 79,9% de la population vivait en 2006 avec moins de deux dollars par jour, 45,1 % avec moins de un dollar (PNUD, IDH, 2006).

- D'après les chiffres de la Banque centrale du Nicaragua, le salaire moyen est de 255 $ alors qu'il ne s'élève qu'à

120 $ dans le secteur de l'éducation pour un professeur  d'université. 

À Sébaco, en 2004, dans leurs maquiladoras, les Taiwanais versaient des salaires de 450 à 500 pesos par quinzaine (20€). Avec une telle rémunération, une famille nombreuse n'arrivait même pas à s'alimenter correctement.

Actuellement, le montant moyen des payes ne dépasse pas les 70 dollars par mois (35 à 40€), revenu qui ne permet pas de couvrir les frais et les besoins principaux d'une famille.

La population connaît des écarts de revenus considérables. Le salaire des instituteurs équivaut à la moitié du salaire moyen du pays, celui des médecins serait 3 fois inférieur à celui des médecins au Honduras. Le taux de sous-alimentation atteint 27%, la moyenne latino-américaine est de 10%.

Ces chiffres, parmi les plus faibles d'Amérique latine, sont le résultat de 16 ans de politiques d'ajustement structurel et de désengagement de l'État envers la satisfaction des besoins fondamentaux de la population.

Le poids de la dette

Le remboursement de la dette est l'une des raisons principales de l'incapacité du gouvernement nicaraguayen à satisfaire les besoins fondamentaux de la population. Entre 1994 et 1998, le gouvernement a consacré en moyenne 51% de ses revenus annuels au paiement de la dette, plus du double des budgets alloués à la santé et l'éducation réunis.

L'éducation

Jusqu'en 2006, seuls 60% des enfants en âge scolaire bénéficiaient de l'enseignement. Le taux de scolarisation dans l'enseignement secondaire s'élevait à 41%. Le gouvernement consacrait 4,3% du PIB à l'éducation, contre 7% au Honduras et 7,6% au Zimbabwe, pays africain presque deux fois plus pauvre que le Nicaragua.

 Santé

Les soins de santé sont hors de portée pour une grande majorité de Nicaraguayens en raison de leur coût et de la faiblesse en taux de couverture sanitaire (63% de la population active travaille dans le secteur informel et ne bénéficie pas de protection sociale).

 

 

A la campagne, les journées de travail sont de 12 heures par jour ou plus, tous les jours de la semaine, durant la période de récolte (de 4 à 7 mois en moyenne). Cela signifie que les travailleurs/euses, durant la période de récolte, font au moins 84 heures par semaine, sans périodes de repos suffisantes dans la journée et exposés aux conditions climatiques extrêmes.

 

HISTOIRE

Le Nicaragua est habité depuis au moins dix mille ans. Au moment de la conquête espagnole en 1521, les deux principales cultures étaient celles des Chorotegas, venus du Mexique, et des Nicaraguas.  Les Maribios arrivés sans doute de Basse-Californie, s'installèrent au Nord-Ouest. La Côte atlantique est toujours habitée par les Miskitos et les Sumus, peuples aux langues similaires, originaires de Colombie et les Ramas. Les Lencas qui peuplaient l'Est du pays vivent aujourd'hui au Salvador et au Honduras et les Chontales, descendant probables des Mayas, peuplaient le centre.

Christophe Colomb foula le sol du Nicaragua en 1502, au cours de son quatrième voyage, mais c'est en 1522 que les premiers conquistadores arrivèrent avec Gil Gonzàles Davila. Ils étaient une centaine, accompagnés de quatre cent indigènes qui débarquèrent dans le golfe de San Lùcar de Barrameda, au village Chorotega de Nicoya. Puis ils rencontrèrent à Rivas le grand Cacique Nicarao à la tête d'une armée de 6 000 hommes. La tribu des Nicaros était descendue du Mexique après la chute de l'empire Aztèque à Teotihuacan. * Davila, malgré un accueil courtois, devra fuir vers le Panama.

Les Espagnols reviennent en 1523 et le Nicaragua est rattaché à la Capitainerie Générale du Guatemala par Francisco Fernandez de Cordoba. L'année suivante il fonde les villes de Léon et Granada qui seront capitales avant que Managua ne les détrônent.

A l'époque de la conquête, l'actuel Nicaragua comptait environ un million d'habitants ; soixante-dix ans plus tard, décimés par l'esclavage et les épidémies, on n'en dénombrait plus que dix mille...Cinq cent ans plus tard, ce qui reste des peuples autochtones à encore du mal à établir leurs droits sur des terres qui étaient les leurs.

Le pays ne possédant que peu de métaux précieux, or et argent, les colons se consacrèrent surtout à l'agriculture et au commerce du cacao, du bois et de l'indigo.

Les Anglais qui avaient entamé un processus de colonisation de la côte atlantique à partir du Honduras britannique (le Belize), fondèrent un royaume indigène fantoche appelé Moskitia dont le roi était nommé par le gouverneur de la Jamaïque. Il s'étendait du Belize au Rio San Juan (le territoire des indiens Moskitos). Des esclaves noirs y furent amenés des Caraïbes.

« Nicaragua serait d'origine nahuàlt, la langue des Aztèques, et signifierait « ici ensemble avec la mer : ni cati nahuac ».,

 

L'indépendance

Les premières révoltes secouent Léon en 1811. Les criollos (créoles, descendant des Espagnols et grands propriétaires) réclament l'abolition des taxes douanières pour produire du tabac et des alcools ainsi que l'autonomie politique locale. Ces exigences sont satisfaites, mais en 1821, quand le Mexique déclare son indépendance, les autres pays d'Amérique centrale le suivent. Le Nicaragua intègre l'empire mexicain d'Agustín de Iturbide, puis en 1823 devient membre de la Fédération des Provinces Unies de l'Amérique Centrale (Guatemala, Salvador, Honduras, Costa-Rica, Nicaragua).

La région atlantique reste sous domination britannique jusqu'à la fin du XIXème siècle.

Le Salvadorien Manuel José Arce en fut le premier président ; le Hondurien Francisco Morazán lui succéda, et la capitale fut déplacée à San Salvador. L'instabilité chronique dégénéra en guerre civile générale en 1837 lorsque le Guatémaltèque Rafael Carrera prit les armes contre Morazán, en partie pour protester contre sa politique anticléricale. Le 30 avril 1838, le Congrès fédéral décida que les États avaient le droit de quitter l'Union s'ils le désiraient : le Nicaragua et le Costa Rica s'en retirèrent immédiatement, suivis par le Guatemala et le Honduras en 1839, San Salvador restant le seul partisan de l'Union. En 1842, Morazán revint d'exil et envahit le Costa-Rica à partir de Panamá pour rétablir l'Union, mais fut battu sur la frontière du Nicaragua. Son échec porta le coup de grâce à l'Union.

Les premières années de la République du Nicaragua sont marquées par les rivalités entre l'élite libérale de León et l'oligarchie conservatrice de Granada, dont est issue la classe politique nicaraguayenne traditionnelle. Ce fût une période d'anarchie et  une guerre civile éclata en 1827 entre les villes rivales de Léon et Granada, pacifiée par le Gouvernement fédéral du Guatemala.

«  ...en 1826, quand le gouvernement central essaya de récupérer ses prérogatives, les provinces se rebellèrent et pendant deux années les forces armées de Centre Amérique combattirent, détruisant la terre, les fermes, et interrompant le commerce. Mais ce qui fût peut-être le plus important, c'est que l'armée centro-américaine détruisit le sentiment de l'ordre et de la paix qui avait existé pendant la période coloniale et encouragé une mentalité militariste qui a conduit à une décade de luttes destructives et à un siècle de désordre, un douloureux héritage pour l'Amérique centrale. (Foweraker Joe - Governing Latin America. Cambridge 2003, p 76).

En 1848, la découverte de l'or en Californie plaça le Nicaragua sur la route de l'une des plus importantes transhumances du siècle. Les émigrants, pour éviter de traverser en chariot les vastes et dangereux espaces entre la côte Est et la Côte Ouest, devaient passer par le détroit de Magellan ou le Panama. Le financier américain Cornélius Vansderbilt  fit construire une route de New York à San Francisco qui empruntait le Rio San Juan, le lac Cocibolca jusqu'à la Virgen et permettait de gagner la côte pacifique à San Juan Del Sur où l'on pouvait appareiller pour San Francisco. 

Le Nicaragua, même après le percement du canal de Panama, est resté un lieu géostratégique ; le projet d'ouverture d'un deuxième canal sur l'ancienne route des chercheurs d'or est toujours un enjeu dont se passeraient volontiers les peuples autochtones qui vivent sur les rives du San Juan. Cet intérêt a entraîné plusieurs interventions et prétentions pour contrôler le pays le plus pauvre d'Amérique centrale.

La Constitution

En 1838, elle consacrait surtout le Nicaragua comme une entité indépendante de la couronne espagnole, de l'empire mexicain et de la Fédération centroaméricaine. Les vingt années suivantes furent les plus chaotiques de l'histoire du pays et conduisirent à la Guerre Nationale, quand une des factions rivales, les libéraux, appuya l'expédition du mercenaire américain William Walker qui envahit le pays en 1855. Il débarque à Granada le 13 octobre et installe Patricio Rivas au palais présidentiel, avant de se proclamer Président lui-même et d'établir l'anglais comme langue officielle. Les familles et villes rivales de Màximo Jérez (Léon) et de Fruto Chamorro (Granada) font front commun pour chasser l'opportun qui voulait instaurer une république esclavagiste en Amérique centrale. Il est soutenu par les Etats-Unis. Ce qui provoque une guerre nationale de libération de toute l'Amérique centrale contre l'envahisseur yankee. Il est battu à San Jacinto le 14 septembre 1856 et chassé du pays en 1857. Il tentera à nouveau d'envahir le pays et sera exécuté le 12 septembre à Trujillo, au Honduras.

Une nouvelle Constitution est proclamée en 1858, qui inaugura une longue période de paix jusqu'en 1893 où huit présidents conservateurs gouvernèrent sans interruption, consacrant la victoire de Léon devenu capitale sur la libérale Granada. C'est à cette époque que de nombreuses terres sont extorquées aux autochtones et vendues à des colons

(Notamment allemands) qui commencent à développer la culture du café (comme au Guatemala). L'Etat est proclamé officiellement de culte catholique et établit une citoyenneté basée sur la propriété et la rente. Le Congrès est constitué de deux chambres élues avec un système électoral indirect, mais le pouvoir réel est présidentiel et le parlement réduit à approuver ses décisions deux fois  par an.

En 1893, le libéral José Santo Zelaya prend la tête du gouvernement et proclame une nouvelle constitution.

Connue comme la « Libérrima », elle sépare l'Eglise de l'Etat, transforme le parlement en une chambre unicamérale, supprime les conditions de propriété et de rente pour la citoyenneté et étend le droit de vote. Le Président établit le mariage civil, le divorce, proclame l'abolition de la peine de mort, et permet la liberté d'expression. Le grand paradoxe, c'est que le régime plutôt progressiste de Zelaya n'a jamais organisé d'élections... Sous cette présidence, l'économie se développe. Ce fut une grande figure de l'Amérique Centrale. Avec son ami Barrios du Guatemala, ils développèrent     l'instruction publique et diminuèrent le pouvoir de l'Eglise. Il consacra Managua capitale du pays.

Les Britanniques quittent définitivement le pays en 1894.

Comme Zelaya n'apprécie pas la politique du «  big stick » de Théodore Roosevelt, les Etats-unis appuient un coup d'Etat pour le renverser en 1909. Le pouvoir revient aux conservateurs et en trois ans le Nicaragua devient une colonie Nord-américaine. Le libéral nationaliste Benjamin Zeledon  sera exécuté alors qu'il tentait de reprendre le pouvoir.

1902 - La décision est prise de construire un canal Atlantique/Pacifique au Panama et non au Nicaragua. Il est inauguré en 1914.

1912 -  Les Etats-Unis installent une garnison de Marines sous le couvert d'une opération de maintien de l'ordre.

1913 -  Le traité Bryan-Chamorro permet aux Etatsusiens de contrôler les douanes et les chemins de fer

1916 - Les Etats-Unis verseraient une redevance de 3 millions de dollars pour une concession inaliénable sur le futur canal Atlantique/Pacifique. Cette concession légitime également la mise en garnison de troupes américaines au Nicaragua et réaffirme la mainmise américaine sur la région. Elles resteront jusqu'en 1925 et ... reviendront l'année suivante en raison de nouveaux troubles libéraux...

23 mai 1927 - Le rebelle libéral Moncada signe le « Pacto del espino Negro » qui reconnaît la présidence d'Adolfo Diaz en échanges de prébendes aux insurgés, de la pacification du pays et de la création d e la garde nationale. Tous les Caudillos (chefs) acceptent le traité sauf le Général Augusto César Sandino qui entame une guérilla contre la présence américaine, soutenu par les paysans.

 

 

Les deux bandes qui dominèrent les antagonismes politiques au XIX°s et au début du XX°, étaient organisées sur la base de réseaux clientélistes de chefs armés. Ces groupes régnaient géographiquement sur le territoire contrôlé par les deux cités principales : Léon et Granada. Leur logique de fonctionnement se basait sur le versement de prébendes et privilèges pour obtenir le soutien des militaires. De cette manière, les activités militaires et politiques  devinrent un moyen d'enrichissement et d'ascension sociale. Le caudillisme fonctionnait comme un système de clientélisme pyramidal, avec des chefs locaux, régionaux et nationaux. Ce qui les unissait, ce n'était pas les idées ou les principes, mais bien un sentiment de loyauté personnel. (Bendel, Petra )

 

Sandino forme une armée qui dresse son camp à Las Segovias, pour lutter contre l'occupant Yankee. Malgré leur équipement moderne et les bombardements aériens, les Marines ne peuvent se défaire de Sandino et doivent quitter le pays le 2 janvier 1933.

Le Général dépose les armes en échange de l'amnistie et d'emplois pour les rebelles, et sous la condition que l'indépendance économique et politique du Nicaragua soit maintenue et garantie.

L'année suivante, Somoza, chef de la garde nationale et du parti libéral, ourdi un complot et fait assassiner  Sandino d'une balle dans le dos au cours de négociations.  L'ordre de l'abattre a été donné par l'ambassadeur américain Arthur Blis Lane.

En 1936, il renverse le Président Sacasa, et prend le pouvoir en 1937, après des élections frauduleuses, avec le soutien des Etats-Unis. Il  instaure une dictature familiale. Son premier fils, Luis Somoza Debayle, sera président de 1956 à 1967. Son dernier fils, le général Anastasio Somoza Debayle, lui succèdera en 1967 et conservera le pouvoir présidentiel et militaire jusqu'en 1979.

 

AUGUSTO SANDINO

Né à Niquinohomo le 18 mai 1895, près de Masaya,, Augusto est le fils illégitime - sa blessure intime - d'un moyen propriétaire terrien et d'une de ses employées, ouvrière agricole. Durant son enfance, ce métis mène une vie misérable et développe un profond sentiment d'injustice. Sa mère, qu'il adore et suit dans les plantations de café, rencontre moult difficultés, au point d'être un jour emprisonnée pour cause de dette. A l'âge de 11 ans, Augusto est recueilli par son père, qui l'envoie à l'école et l'initie au monde des affaires. Vivant à l'ombre du fils légitime Socrate (qui le suivit dans son combat jusque dans la mort), sa belle-mère le traite moins bien qu'un domestique. Augusto obtient néanmoins des succès prometteurs pour le compte de l'entreprise paternelle. Le drame le rattrape en 1920: à la suite d'un conflit jamais élucidé, il blesse gravement un homme qui l'a insulté et s'enfuit. Menant une vie itinérante pénible au Honduras et au Guatemala, il met à profit son expérience de mécanicien acquise préalablement au Costa Rica. Il travaille dans des propriétés nord-américaines et prend conscience de la puissance de la « United Fruit Company », saisit le poids de la diplomatie du dollar et du big stick (gros bâton) dans la mer des Caraïbes.

Au Mexique, il travaille à Tampico pour des compagnies pétrolières US et baigne dans l'atmosphère postrévolutionnaire du pays phare de la modernité des Amériques latines. Frotté d'idées nouvelles, cet homme réservé et méditatif repense à son pays, dirigé alternativement par l'oligarchie libérale ou conservatrice et occupé militairement depuis 1912 par la Maison-Blanche. Il devient franc-maçon, adepte d'un spiritualisme humaniste et ésotérique. Désormais éveillé à la politique, Sandino retourne au Nicaragua lorsqu'une guerre civile éclate en 1926. Il intègre les troupes du général libéral Moncada, qui s'oppose au conservateur Adolfo Diaz, président à la suite d'un coup d'Etat et appuyé par Washington. Sandino se fait remarquer pour ses qualités de meneur d'hommes et compte bientôt 800 partisans. Mais en mai 1927, Moncada dépose les armes, amadoué par la diplomatie US, en échange du fauteuil présidentiel. Seul, Sandino refuse un tel pacte: "Je ne me vends ni ne me rends", proclame-t-il.

Suivi de ses partisans, le charismatique "bandit" coiffé de son célèbre chapeau texan se réfugie dans les montagnes des Ségovies, à la frontière du Honduras. Le corps expéditionnaire de plus de 5 000 marines US, aidé par la Garde nationale nicaraguayenne, affronte un adversaire coriace, discipliné et insaisissable. Avec le slogan "Patria y Libertad" et le drapeau rouge et noir comme emblème, la légende de Sandino naît. Mais son combat a des limites. Il lui faut des appuis politiques et financiers.

Au Mexique, où il reste une année, le président Portes Gil le reçoit. Sa renommée est mondiale: la Ligue anti-impérialiste étasunienne le soutient contre son propre gouvernement. L'écrivain Henri Barbusse le baptise "général des hommes libres" tandis que la mouvance communiste tente de l'embrigader- ce que Sandino refuse (en témoigne sa rupture avec son secrétaire salvadorien, le fameux Augusto Farabundo Marti). En effet, Sandino est un intuitif méfiant envers les systèmes idéologiques et la politique politicienne. Cet homme d'action est avant tout un patriote épris de mysticisme, qui parle avec sensibilité de l'être indo-hispanique, de Dieu, de liberté, de fraternité et de défense nationale au nom des opprimés. Sa lutte passe d'abord par le recouvrement de la souveraineté du Nicaragua dans une Amérique centrale solidaire et débarrassée de l'ingérence étrangère.

De retour au Nicaragua en 1930, il reprend la lutte. Elle occupe bientôt la moitié du territoire. Sandino semble invincible. A l'heure de la Grande Dépression, l'opinion étasunienne s'interroge sur cet engagement meurtrier. En 1932, l'élection du démocrate Franklin Delano Roosevelt à la Maison-Blanche change la donne. Avec la Good Neighbour Policy (politique de bon voisinage) vis-à-vis de l'Amérique latine (malgré des ambiguïtés), l'évacuation des marines s'achève début 1933. Sans avoir complètement gagné sur le terrain, Sandino remporte son combat disproportionné de six ans contre une armée puissante et moderne. La paix revient en effet avec le départ des marines, Sandino cesse les hostilités et se désintéresse de la vie publique. Il vit dans le souvenir de sa jeune femme Blanca qui vient de mourir en couche. A Wiwili, au milieu d'Indiens et d'anciens guérilleros, il organise une coopérative sur le Río Coco, rêvant d'améliorer pratiquement le bien-être quotidien de ses compatriotes. Son projet, lancé dans des conditions très difficiles, connaît un début de réussite au bout d'une année de travail harassant.

Mais les 5000 hommes de la GN commettent des exactions. Des anciens guérilleros sont assassinés ou disparaissent. Le "gamin de Niquinohomo" se plaint à Managua du non-respect de la paix des braves entre anciens combattants. A l'occasion du premier anniversaire de la signature des accords de paix, le président Sacasa lui propose de rencontrer le chef de la GN, le général Antonio Somoza García. Leur entrevue est cordiale et prometteuse - mais seulement en apparence. Le 20 février 1934, Sacasa nomme un délégué présidentiel dans les départements du Nord afin de les retirer de l'emprise de Somoza. Le 21, ce dernier, furieux, est reçu par Arthur Bliss Lane, le nouvel ambassadeur US. Le même soir, Sandino et deux de ses généraux quittent la table présidentielle. A 21h30, ils sont arrêtés par la GN. Somoza et quatorze de ses officiers ont scellé ce complot dans le sang: Sandino et ses généraux sont emmenés en camion sur un terrain d'aviation où ils sont froidement abattus; leurs corps ne seront jamais retrouvés. Le lendemain, l'assaut contre la communauté de Wiwili est lancé : 300 morts. Le règne de Somoza commence. Sa dynastie sanguinaire durera jusqu'en 1979, avec l'appui constant de Washington, malgré Roosevelt qui, en découvrant le dossier nicaraguayen, dit de "Tacho": "N'est-ce pas l'homme qui est supposé être un fils de p...?" Question à laquelle son secrétaire d'Etat Cordell Hull répondit: "Oui, il l'est en effet, mais c'est le nôtre."

 

La dictature des Somoza

Anastasio Somoza Garcia (1896-1956) est issu des rangs de la Garde nationale, créée par les Etats-Unis. Il est le premier de la dynastie Somoza qui gouverna le pays. Il se fit élire frauduleusement à la tête du pays et gouverna en dictateur pendant les 20 années suivantes (1936-1956). Il fut assassiné en 1956 par Rigoberto Lopez Pérez, un poète nationaliste. La répression sera terrible ; de nombreux opposants sont emprisonnés, torturés, assassinés. Son fils aîné, Luis, le remplaça. En 1957, il est élu comme par miracle ...Il garda le pouvoir jusqu'à sa propre mort en 1967, même si en 1963, il s'abrite et tire les ficelles du gouvernement de René Schick Gutiérrez.

En 1967, c'est son fils cadet, Anastasio Somoza Debayle, dit « Tachito », ancien commandant de la garde nationale qui est « élu ». La fraude électorale est devenue une pratique institutionnelle depuis les années 30. Il restera au pouvoir  jusqu'à la révolution « sandiniste » de 1979.

Pendant quarante ans, la famille Somoza va imposer une dictature impitoyable au Nicaragua. En quelques années, elle pille le pays, s'emparant de nombreuses industries et fait régner la loi du népotisme et de la corruption généralisée. La fortune des Somoza dépasse les millions de dollars et s'agrandit encore lors de la confiscation à son profit des plantations de café des colons allemands, expropriés au cours de la seconde guerre mondiale. Le pays s'enfonce dans une crise sociale sans précédent.

Si Anastasio crée la Compagnie électrique nationale en 1956, si Luis essaye de sauvegarder des apparences démocratiques et impose une réforme agraire en 1963, le cadet Tachito s'enferme dans la dictature et le détournement des richesses du pays. En 1972, après le tremblement de terre qui détruisit Managua, les trois-quarts fonds des fonds envoyés par la communauté internationale sont déviés à son profit. Il possède 65 % du PIB national au moment de la révolution de 1979.

Anastasio Somoza Debayle, surnommé Tachito, est né le 5 décembre 1925. C'est le second fils de Anastasio Somoza García. Étant le plus jeune des Somoza, il fut envoyé étudier en Floride. Il sortit diplômé de l'académie militaire de West Point en 1946. L'année suivante, il fut nommé par son père chef de la Garde nationale, l'organe répressif et le soutien du régime somoziste.

Après la mort de son frère Luis en 1967, Anastasio Somoza fut élu président. Il dut abandonner son poste en 1972, une loi interdisant d'exercer deux mandats consécutifs. Somoza fut réélu président lors des élections de 1974. Sa volonté de se maintenir au pouvoir par la répression lui fit perdre l'appui d'anciens soutiens : l'oligarchie, les États-Unis et l'Église catholique. À la fin des années 1970, des groupes défenseurs des droits de l'homme dénoncèrent les violations aux droits humains commis par son gouvernement.

Le 5 juillet 1978, la bourgeoisie antisomoziste fonde le Front élargi d'opposition (FAO) et propose l'installation d'un gouvernement provisoire et la tenue d'élections.

De septembre 1978 jusqu'à son éviction le 17 juillet 1979, une guerre civile fit rage entre le Front sandiniste de libération nationale de gauche et les forces fidèles à Somoza et son fils Anastasio Somoza Portocarrero, commandant de la garde nationale qui utilisa l'artillerie et l'aviation pour tenter de mater l'insurrection. Le bilan est estimé à 40 000 morts liés directement au conflit.

À l'aube du 17 juillet 1979, Anastasio Somoza Debayle démissionna et les Somoza fuirent à Miami. Peu de temps après, il obtient l'asile au Paraguay du dictateur Alfredo Stroessner. Il est assassiné le 17 septembre 1980 à <- Page précédente