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PRESENTATION DU NICARAGUA - CHAPITRE II - révolution sandiniste à 2001

La révolution sandiniste

Une frange plus radicale de la population choisit en revanche la lutte armée : fondé en 1961 par Carlos Fonseca, Tomas Borge et Silvio Mayorga, le Front sandiniste de libération nationale (F.S.L.N.) ne cesse de conquérir du terrain dans les années 1970. Appuyé par les paysans, les ouvriers et des citoyens désabusés par la dictature, le FSLN multiplie les coups d'éclat au cours des années 70. À partir de bases établies au Costa-Rica et au Honduras, il se livre à des actions de guérilla. Une offensive d'envergure, déclenchée au printemps 1979, et une grève générale, accentuent la pression sur Somoza qui perd graduellement ses appuis sur la scène internationale. La résistance à la dictature, composée de l'opposition conservatrice et de la guérilla sandiniste, des chrétiens adeptes de la théologie de la libération (Ernesto Cardenal), s'unit et se mobilise en 1978, suite à l'assassinat de Pedro Joaquin Chamorro, président de l'Union démocratique de Libération (UDEL) et propriétaire du très populaire quotidien d'opposition « La Prensa ». En Août 78, les sandinistes du Commandant Eden Pastora prennent  d'assaut le palais national à Managua. Sous le regard du monde entier, le dictateur lâche du lest et accepte les revendications du FSLN, les sandinistes peuvent diffuser leur message à la radio et par la presse écrite. Mais il s'ensuit à nouveau une terrible répression. Une grève générale, la prise de soixante députés en otage, puis c'est l'offensive militaire générale de juin 1979. Tacho démissionne finalement le 17 juillet et quitte le pays. La garde nationale dépose les armes et les troupes sandinistes libératrices entrent à Managua.

Une junte de cinq personnes (Junte de Gouvernement et de Reconstruction Nationale), dirigée par Daniel Ortega, prend le pouvoir le 20 juillet. Au sein du groupe, on retrouve trois sandinistes et deux membres de la société civile dont Violeta Barrios de Chamorro, la veuve de l'ex-directeur du journal La Prensa, héritière du nom d'une grande famille historique du pays. 

On estime à 50 000 le nombre des personnes qui ont perdu la vie au cours des terribles combats, quand la garde civile bombardait Managua.

Le gouvernement entreprend un programme économique d'inspiration socialiste. Le FSLN se propose de procéder rapidement à des expropriations et des nationalisations. Si le mouvement n'est pas officiellement marxiste, de nombreux partisans le sont. Dès le 25 juillet, quelque 2 000 coopérants cubains débarquent pour aider à remettre le pays en marche. Une réforme agraire est engagée avec la création de micro-entreprises ouvrière et de coopératives. La Constitution de 74 est suspendue. Une campagne d'alphabétisation est lancée (50 % des Nicaraguayens étaient analphabètes en 79. Ils ne seront plus que 15 % en 1990). La médecine devient gratuite.

Au début, Carter s'engage à verser 75 millions de dollars, mais dès l'arrivée de Reagan au pouvoir en 1981, l'aide américaine est suspendue. « Ni communistes, ni socialistes : sandinistes ! » Après sa victoire, le F.S.L.N. ne souhaite ni s'aligner sur le bloc soviétique, ni réaliser la révolution prolétarienne au Nicaragua. De fait, le premier gouvernement sandiniste est un gouvernement d'union nationale, favorable à l'économie mixte (les banques et les assurances sont nationalisées, mais l'industrie et l'essentiel de l'agriculture restent aux mains du privé), offrant toutes les garanties constitutionnelles à l'opposition. Mais l'orientation socialisante, combinée aux sympathies des sandinistes pour les régimes de gauche, (Cuba et l'URSS deviendront des alliés de circonstance comme ce fût le cas au début de la révolution cubaine) inquiètera le gouvernement américain qui décrétera un embargo contre le Nicaragua, avant de fomenter la contre-révolution et d'aider les contras.

Les deux membres représentant la bourgeoisie libérale au sein de la junte, Violeta Chamorro et Alfonso Robelo critiquent la politique des sandinistes et démissionnent  Leurs intérêts de défenseurs des couches aisées étaient en contradiction avec ceux de la majorité de la population qui bénéficiaient des réformes sociales du gouvernement. En mars 1981, Daniel Ortega dirige désormais seul une junte exclusivement sandiniste. La radicalisation du gouvernement va croissant pendant les années 1980.

1982 - Près de 2 500 anciens membres de la garde nationale aidés par les Etats Unis forment un mouvement appelé "contra revolucionarios" ou "Contras" et pénètrent au Nicaragua par le Honduras. Les partisans de Somoza (la Contra), armés par les États-Unis, harcèlent les troupes nicaraguayennes depuis le Honduras et le Costa-Rica. Eden Pastora*  reprend les armes, cette fois contre Ortega et «  la soviétisation de l'économie et du régime ». Il prend la défense des indiens Miskitos - dépossédés de leur terre à des fins de contrôle militaire, ils seront de précieux auxiliaires de la contra menée et composée par d'anciens membres de la garde nationale somoziste.

* Il n'a obtenu que 0,28 % des voix à la présidentielle de 2006.

La suspension de l'aide américaine par le président Ronald Reagan amène, par ailleurs, D. Ortega à demander un soutien à l'URSS. L'état d'urgence est décrété en mars 1982. Pour se défendre le gouvernement sandiniste décrète le service militaire obligatoire en 1983

1984 - Le sandiniste Daniel Ortega remporte les élections avec 67 % des suffrages et est élu Président (sans fraude d'après les observateurs internationaux, truquées selon les Américains). Les élections de 1984 se font pourtant sans participation de l'opposition.

1985 - les libertés fondamentales sont suspendues en 1985. Les Etats Unis déclenchent un embargo commercial contre le Nicaragua. La Cour Internationale de Justice condamne les Etats-Unis pour leur agression contre le Nicaragua.

1986 - Sous prétexte que le journal La Prensa est contrôlé par des capitaux américains, le gouvernement décide d'en interdire la publication. La censure est maintenue toute une année. Le scandale de "l'Irangate" éclate en novembre lors de la découverte de la vente d'armes secrète à l'Iran qui servait en partie à financer les "Contras.

La guérilla menée par la Contra atteint une telle intensité qu'elle désorganise l'économie nicaraguayenne, devenue une économie de guerre : les dépenses militaires absorbent jusqu'à 25 % du P.I.B., pénalisant des secteurs comme l'éducation, la culture, la santé. Le taux d'inflation atteint 200 %.La politique de contrôle des prix agricoles fut un échec, provoquant une terrible famine parmi les paysans pauvres, alliés traditionnels des sandinistes. Incapables de mener les réformes sociales qu'ils envisageaient initialement, impuissants à contrôler la Contra, tandis que la production et les échanges sont totalement désorganisés par la guerre et la collectivisation, les sandinistes sont obligés de faire des concessions.

1987 - En 1987, Oscar Arias, président du Costa-Rica, propose un plan de paix, qui est accepté par l'ensemble des parties en conflit. L'état d'urgence est supprimé en 1987. Une nouvelle constitution est mise en place en janvier. Elle instaure la représentation proportionnelle pour l'élection présidentielle et fixe le mandat de chef de l'état à six ans.

1988 - Le gouvernement sandiniste et les "Contras" entament des négociations. Un cessez-le-feu est signé.

7 août 1989 - L'Accord de Tela met un terme à une guerre civile de onze ans, qui a fait plus de 50.000 morts et de nombreux déplacés.

1990 - des élections libres sont organisées en février. L'Union Nacional Opositora (UNO), coalition des 14 partis de l'opposition conduite par Violeta Barrios de Chamorro, inflige une défaite électorale au FSLN le 25 février. Un protocole de transition est signé, déclarant que la constitution sera respectée, que la réforme agraire sera poursuivie et que le désarmement des "Contras" suivra son cours. Le général sandiniste Humberto Ortega, frère de Daniel, est maintenu à la tête de l'armée.

 

Quel aurait pu être le destin du Nicaragua sans l'embargo et l'intervention américaine 

Si le régime sandiniste s'est fourvoyé en plusieurs domaines, comme le contrôle des prix agricoles, malgré quelques dérapages dus à l'agression américaine et contre révolutionnaire. Un pays asphyxier peut-il respirer librement ? Il a su éviter une évolution totalitaire comme à Cuba. Il a apporté un progrès humain incontestable sur le plan de l'éducation et de la culture. Tout cela dans un conteste international défavorable et après quarante années de dictature et de corruption

 

1992 - les contras sont enfin désarmés, après des combats qui se sont poursuivis dans le Nord du pays entre sandinistes et contras.

Entre 1990 et 1996, l'équipe de Violeta Chamorro est chargée de mener à bien le processus de transition démocratique et de réconciliation nationale. Les États-Unis ont levé leur embargo ; les sandinistes acceptent, pour leur part, d'être minoritaires dans le nouveau gouvernement. 90 % des troupes régulières sont démobilisées. La fin de la guerre civile permet à l'économie nicaraguayenne de sortir de l'ornière, mais la tâche de reconstruction du pays est immense : le Nicaragua est désormais l'un des pays les plus pauvres de l'Amérique latine, écrasé par sa dette extérieure et incapable de donner du travail à plus de 40 % de sa population active. Les grèves sont nombreuses car la politique économique du pays suit  les directives d'ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale, privatisant plusieurs entreprises et réduisant les dépenses sociales. De plus Violeta est d'un extrême conservatisme sociétale, elle limite l'usage de la contraception, interdit l'avortement thérapeutique, déclare l'homosexualité illégale. Son bilan économique et social est jugé insuffisant.

Le processus de démocratisation prend un nouveau tournant à partir de la réforme constitutionnelle de 1995.

La nouvelle constitution ramène le mandat présidentiel à cinq ans et le suffrage universel direct pour l'élection du chef de l'état. Les partis qui forment la coalition de droite et du centre, la UNO, se divisent à propos du Protocole de Transition négocié avec les sandinistes et la réforme de la Constitution qui redéfinit les moyens et compétences entre les pouvoirs de l'Etat. Cela se traduira par une crise permanente d'instabilité gouvernementale. Le niveau bas de la légitimité institutionnelle de l'Etat encouragera la corruption administrative et son impunité criminelle.

1996 - Cela conduit à la victoire, contestée par le FSLN, de M. Arnoldo Aleman (Parti Libéral Constitutionnaliste - PLC), Maire de Managua, lors des élections d'octobre 1996. Arrivée en deuxième position, les sandinistes ne sont alors plus qu'une force d'opposition parmi d'autres, de moins en moins radicale et de plus en plus social-démocrate. Le président Arnoldo Alemán (Parti libéral constitutionnel, P.L.C.) passe un accord de partage des pouvoirs (le Pacto ) avec Daniel Ortega pourtant dans l'opposition... Il se rétablit ainsi une sorte de bipartisme, par une réforme électorale qui empêchait plus ou moins les petits partis de se présenter aux élections. Il poursuit la politique de libéralisation économique entreprise par Violeta Chamorro et tente d'attirer au Nicaragua des investisseurs étrangers encore frileux. Son équipe parvient à juguler l'inflation et à mener à bien quelques projets d'équipement du pays, (construction d'immeubles et de routes) mais est impuissante à mettre un terme à une corruption endémique. Cette renaissance toute relative du Nicaragua est cependant anéantie par le passage du cyclone Mitch, en octobre 1998 : plusieurs milliers de personnes sont portées disparues, 10 % de la population nicaraguayenne est sans abri, le réseau routier est détruit aux deux tiers et 70 % des récoltes sont perdues. On estime que le retour au niveau économique de 1997 nécessitera vingt années d'efforts. La fortune du Président Alemàn s'est agrandit d'une manière étrange à cette époque ...

Il n'engage pas de réelle politique sociale, la santé et l'éducation ne sont pas ses priorités. Sa politique libérale est orientée par un seul objectif : la « désandinisation » du pays. Il bénéficie de l'appui, important dans un pays aussi croyant, de la hiérarchie catholique.

En novembre 2000, lors des élections municipales, le F.S.L.N., qui garde une grande capacité de mobilisation dans le pays, effectue une remontée spectaculaire (40 % des suffrages) laissant envisager une possible victoire lors des élections générales de novembre 2001. Le PLC est cependant reconduit au pouvoir lors des élections de novembre 2001 où trois partis seulement se présentaient : le PLC, le FSLN, les Conservateurs. On prétend que dans le contexte émotionnel du 11 septembre, le FSLN comme les Conservateurs se sont évertués à perdre les élections pour ne pas mécontenter Washington...

2001 - Le candidat du Parti libéral constitutionnel (P.L.C.), l'ancien vice-président Enrique Bolaños Geyer, arrive en tête du scrutin présidentiel et remporte l'élection. Celui-ci poursuit la politique de libéralisation de l'économie mise en œuvre par A. Alemán, en lui associant un volet anticorruption, qui vaut à ce dernier d'être poursuivi puis condamné à vingt ans de prison, et au président en titre de perdre le soutien de son propre parti, le P.L.C qui l'a porté au pouvoir. Il met en place sa propre formation politique. Cette initiative, risquée dans un système binaire, provoque son affaiblissement politique. Un nouveau pacte sandinistes-libéraux est alors conclu, avec ...Alemàn !

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Publié à 01:53, le 4/07/2009,
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