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NICARAGUA - Chapître III -

7 novembre 2004 - Les sandinistes gagnent les élections municipales. Elles consacrent la perte d'influence de E. Bolaños dont les partisans sont laminés. La crise trouve toutefois une issue l'année suivante, le F.S.L.N. passant un accord de gouvernabilité avec le président. Mais ce nouveau pacte signe la mainmise des grands partis parlementaires sur les leviers du pouvoir, et, à l'inverse, souligne l'impuissance de l'exécutif. Il attise la contestation interne à D. Ortega et à sa stratégie de recentrage de la formation sandiniste, ce qui provoque le départ du très populaire ancien maire de Managua,  Herty Lewites, qui rejoint le Mouvement pour la Renovation Sandiniste, alliance de partis de gauche pour beaucoup issus du F.S.L.N.
En dépit de bons indicateurs macroéconomiques, la politique sociale du gouvernement Bolaños n'a pas eu d'effet notable en faveur de la lutte contre la pauvreté. On doit cependant lui reconnaître son intégrité.
Nov. 2006 - D. Ortega arrive en tête de l'élection présidentielle. A la faveur d'un changement opportun des règles électorales, il l'emporte dès le premier tour (avec à peine 38 % des suffrages, son plus mauvais score en 5 scrutins), grâce à une alliance opportune avec le PLC, face à une droite libérale divisée, mais majoritaire en voix et toujours dominante au Parlement. Secondé par un vice-président dissident du P.L.C., ancien banquier, et par ailleurs ex-contra, D. Ortega entend unir et réconcilier les Nicaraguayens. Herty Lewites, terrassé par une crise cardiaque n'a pas pu aller au bout de la campagne présidentielle de novembre 2006.
Le président Ortega s'est fixé un certain nombre d'objectifs pour répondre aux besoins les plus criants, notamment en matière de santé, d'éducation et de réduction de la pauvreté. Il augmente le salaire minimum de 30 %, privilégie à nouveau l'éducation et la santé.
Le président n'hésite pas à recourir à un discours révolutionnaire qui inquiète les milieux d'affaires nicaraguayens et étrangers. La Première Dame, Rosario Murillo, occupe un rôle de premier plan, que ce soit à la tête du Conseil de Communication et citoyenneté ou au sein des Conseils du Pouvoir Citoyen. Composés de membres du FSLN, ils quadrillent chaque quartier et forment une sorte de pouvoir parallèle. Les opposants appellent l'épouse du président, la Bruja, la sorcière. Elle pourrait se présenter à la présidentielle de 2011, si la Constitution n'est pas révisée pour permettre la réélection de Daniel. On entre dans un schéma chaviste ou à la Kirchner...
Si le F.M.I. accorde son appui au programme économique du gouvernement, les relations avec l'U.E., autre important bailleur de fonds du pays, se tendent en raison de prétendues dérives autoritaires et clientélistes du régime. On observe une concentration extrême des processus de prise de décision et des pressions sur les ONG et le Mouvement autonome des femmes. Ces pratiques tendent à détériorer les relations du gouvernement avec les médias comme avec la communauté des pays. L'exclusion de deux partis d'opposition dont le Mouvement de Rénovation Sandiniste (MRS), entache ainsi la campagne pour les élections municipales du 9 novembre 2008. Après plusieurs jours d'affrontements entre partisans d'Ortega et opposants qui accusent le gouvernement de fraudes.
21 novembre 2008 - le Conseil suprême électoral proclame officiellement la victoire du F.S.L.N. dans 105 municipalités sur 146 (dont la capitale Managua où les suffrages ont été recomptés) contre 37 au P.L.C. et 4 à l'Alliance libérale. Lors de l'élection municipale dans la région autonome de l'Atlantique Nord du 18 janvier 2009, le FSLN a remporté 4 des 7 mairies en jeu. Le PLC obtient deux sièges et le parti indigène Yatama un.
Mais l'opposition entend faire annuler le scrutin tandis que certains observateurs (non accrédités par le pouvoir) l'O.N.U., l'O.E.A. et l'U.E. en dénoncent le manque de transparence. Dans les faits, le Chef de l'Etat tire profit de la division de l'opposition libérale, théoriquement majoritaire dans le pays, mais scindée en deux formations Les partis d'opposition, le PLC en tête, ont déposé un recours auprès du Conseil électoral et tenté de mettre au vote l'annulation du scrutin à l'Assemblée nationale. Le pouvoir a alors suspendu les travaux du Parlement. Après des manifestations violentes opposant les militants sandinistes aux groupes de l'opposition, le calme est revenu.

La crise post-électorale de novembre 2008
En 2004, le FSLN avait remporté 87 municipalités, dont 14 chefs-lieux de département. Il a perdu trois chefs-lieux, mais son contrôle territorial demeure largement majoritaire. Cette victoire consolide le pouvoir de Daniel Ortega. Selon les chiffres officiels du CSE, le Parti Libéral Constitutionnaliste (PLC, droite) a obtenu 46,45% des suffrages et la victoire dans 49 municipalités (57 en 2004), dont 6 chefs-lieux départementaux (2 en 2004).
C'est de la capitale que sont parties les accusations de fraude. Le candidat sandiniste à la mairie de Managua, l'ex-champion du monde de boxe Alexis Argüello, a devancé avec 51,30% des voix les 46,45% que le CSE octroie au candidat du PLC, le libéral Eduardo Montealegre, principal adversaire de Daniel Ortega à l'élection présidentielle de 2006. Mais, criant à la manipulation frauduleuse et affirmant tenir copie d'actes récapitulatifs de la majorité des bureaux de vote, Montealegre inverse les résultats du CSE, s'attribuant 51% et rabaissant à 46% le score d'Argüello.
Le chef de l'Etat avait alimenté les suspicions en renonçant, via le CSE, aux observateurs de l'Union européenne, de l'Organisation des Etats américains et du Centre Carter qui avaient cautionné il y a deux ans sa victoire à la présidentielle. Habituels lors d'élections en Amérique latine depuis le retour à la démocratie de la quasi totalité des pays de cette région, les observateurs d'institutions jouissant d'un prestige international ont été substitués pour les municipales du Nicaragua, par des délégués d'organismes peu connus regroupant notamment des présidents et magistrats d'administrations électorales d'Amérique centrale et des Caraïbes.
Les ONG nicaraguayennes ont également été écartées de l'observation électorale. La réputée Ethique et Transparence présente malgré tout sur le terrain, a constaté que des "incidents et irrégularités" se seraient produits dans 32 % des bureaux de vote, parfois fermés avant l'heure officielle malgré les files d'électeurs, et que les élections du 9 novembre auraient été "les moins transparentes et marquées par le plus grand nombre d'actes d'intimidation depuis 1996".
Au printemps dernier, la communauté internationale, dont l'Union européenne, avait dénoncé un autre mauvais présage: la suppression par le Conseil Suprême Electoral, pour des raisons administratives contestées, de la personnalité juridique de deux partis, dont le Mouvement de Rénovation Sandiniste (MRS), qui n'ont donc pas pu se présenter aux municipales. Dissidents du FSLN dont il dénonce la corruption, le MRS avait recueilli plus de 6 % des voix à la présidentielle de 2006 et il risquait d'affaiblir sensiblement le parti de Daniel Ortega.
Aux Etats-Unis, l'administration Bush a critiqué l'absence aux élections municipales nicaraguayennes d'observateurs nationaux et internationaux "crédibles". Elle a suspendu l'aide américaine dans le cadre du millénium. L'Union Européenne a fait de même.
Cependant la fraude présumée n'est pas clairement démontrée ; les sandinistes avaient déjà gagné les municipales précédentes. Ils ne font que confirmer leur implantation et le rejet par le peuple des politiques libérales. S'il y a eu fraude, elle n'est pas pire que celle que la droite pratiquait quand elle était au pouvoir (selon des témoignages locaux). C'est malheureusement une coutume ici. Il est néanmoins regrettable que les observateurs internationaux n'aient pas été autorisés à contrôler le scrutin. Cela aurait évité cette suspicion dont les conséquences sont graves pour le pays avec la suspension des aides internationales. En attendant les sandinistes proclament que crier à la fraude serait la véritable fraude.

17 avril 2009 - La banque de l'ALBA, décide l'octroi de 50 millions de dollars au Nicaragua, pour contourner le blocus des Etats-Unis et de l'Union européenne et financer les projets de développement agricole et l'alphabétisation.

Une politique en noir et blanc, avec des aspects très contestables.
Les aspects négatifs Les aspects positifs
Avortement : D.Ortega, hier favorable à l'IVG, a changé d'avis depuis qu'il est revenu au pouvoir ave l'aide du PLC, et adopté la religion catholique...Il a fait appliquer la loi anti-IVG, même thérapeutique, adoptée sous le règne de Violeta Chamorro. Le décret a été signé en présence des évêques et des représentants des églises évangéliques dont l'influence s'étend dans ce pays ultra catholique.
Le FSLN n'a pas la majorité à l'Assemblée Nationale et la loi fut proposée par la droite. On peut reprocher l'opportunisme des sandinistes qui se sont joint à ce vote pour ne pas se mettre à dos l'église et les croyants. Dans les faits, aucun médecin, ni personne d'autre n'a été inculpé, ni emprisonné pour ce délit depuis la promulgation de cette loi. Par contre, elle a été fortement politisée par les Ong qui pendant les différentes marches de protestation ont montré leur hostilité envers le gouvernement, demandant la destitution de Daniel Ortega, tandis que l'opposition serait en mesure d'abolir cette loi.
L'avortement est interdit dans plusieurs pays de cette Amérique Latine très catholique, comme par exemple au Chili et personne n'attaque Michèle Bachelet sur ce thème.
Corruption :
En quittant le pouvoir en 1990, les dirigeants sandinistes auraient mis des entreprises, fermes, propriétés, à leur nom pour : « préserver les acquis de la révolution en ne permettant pas la privatisation des biens de l'Etat ! »
Après la défaite électorale de 1990, la « nouvelle classe », formée par un certain nombre de dirigeants sandinistes, tente de ménager ses intérêts dans les structures de production acquises dans une logique de « privatisation » tout en prétendant défendre les acquis de la révolution. ( Le Monde Diplomatique)
Compromission avec la droite : Ortega a fait libérer Arnolfo Alemàn, condamné pour corruption à vingt ans de prison, en remerciement du soutien de son parti pour faire élire Daniel Ortega à la présidence.
LAICITE
Mireya, membre de la » Coordinadora Civil » craint que l'attaque envers l'ONG OXFAM ne mette en péril certains projets. Gioconda, qui a mis toute son énergie dans la construction et le fonctionnement d'une école pendant les années de gouvernement libéral - avec l'aide de la solidarité internationale - regrette que le gouvernement Ortega ne reconnaissent pas suffisamment ses efforts et préfère apporter des financement à des institutions religieuses. Il est vrai que le gouvernement sandiniste oublie souvent que le Nicaragua est un Etat laïc.

Les zones franches :
• voir chapitre économie (maquiladoras).
Atteintes démocratiques :
- annulation en mai 2008 de la personnalité juridique de deux partis d'opposition engagés dans la campagne électorale des municipales.
- refus d'une observation impartiale des élections municipales.
Santé : la gratuité de la médecine fut l'une des avancées sociales majeures du premier gouvernement sandiniste. Malheureusement, si l'hôpital public est efficace pour les maladies et soins courants, il manque cruellement de moyens pour les affections qui réclament une haute technologie. Il vaut mieux alors être riche pour aller se faire soigner dans un établissement privé bien équipé...
L'entrée du Nicaragua dans l'ALBA, doit permettre de compenser ces manques grâce à l'aide sanitaire cubaine.
L'enseignement : l'école gratuite est obligatoire de 7 à 12 ans. L'analphabétisme a reculé grâce au pouvoir sandiniste et à l'aide cubaine. Les brigades d'alphabétisation parcourent les campagnes. Cependant un quart des enfants ne terminent pas leur cycle élémentaire.
Ortega a fait chuter l'analphabétisme de 54 à 12 %. En particulier grâce à l'aide Cubaine dans le cadre de l'ALBA avec le programme « Yo si puedo », Oui je le peux.

PAUVRETE
La lutte contre la Faim : le plan « Hambre Cero »(Zéro faim)
Initié en 2007, il doit sortir 75 000 familles de l'extrême pauvreté.
- aucun gouvernement n'a fait autant d'effort pour essayer de sortir le pays de la pauvreté.
- Augmentation du salaire minimum de 30 %.
Le gouvernement concentre ses objectifs sur la lutte contre la faim et la pauvreté et cherche à prendre en main - dans la mesure du possible - les services de l'énergie, de la santé, de l'éducation et de l'eau, non sans une certaine contradiction de la communauté internationale. Ceci s'est traduit par : subventionner les usagers des transports publics, éliminer les méga-salaires du gouvernement et d'autres mesures d'austérité, commencer à améliorer les chemins abandonnés pendant les 16 années de gouvernements néolibérales, initier la nouvelle campagne d'alphabétisation et de vaccination massive....

Paysannerie
Les paysans ont bénéficié d'une réforme agraire : 1 million d'hectares distribués qui vont être en partie récupérés, revendus aux anciens grands propriétaires après 1980 et le retour de l'oligarchie au pouvoir.


Coopératives
Organisation en coopérative des petites et moyens producteurs. Ce système coopératif reste très présent pour le développement de fermes bio, associées au tourisme écologique, à l'artisanat, dans les transports.
Le programme usure ZERO
Il permet de financer les crédits des 45 % de Nicaraguayens qui travaillent à leur compte, à un taux d'intérêt de 5 % au lieu des 25 % pratiqués par les banques.

Politique internationale

En matière internationale aussi, il doit assortir les contraires, puisque, ami de Fidel Castro et d'Hugo Chávez, Ortega s'associe, dans l'ALBA (L'Alternative bolivarienne pour les Amériques*) avec le Venezuela, la Bolivie d'Evo Morales, Cuba, l'Equateur, la Dominique, le Honduras, sans pour autant remettre en cause le traité de libre-échange (A.L.E.A.C. - Accord de libre-échange de l'Amérique centrale) que son pays et d'autres États de la région ont signé avec les États-Unis en 2004, et qui est entré en vigueur en 2006.
• Le Honduras a adhéré ainsi à l'Alternative bolivarienne des Amériques (Alba), l'initiative d'intégration régionale lancée par le Venezuela et Cuba en 2004 à laquelle ont adhéré successivement, la Bolivie, le Nicaragua et de La Dominique.
- Rebaptisée à cette occasion Alliance [au lieu d'Alternative] bolivarienne pour les Amériques, l'ALBA a formalisé l'adhésion de trois nouveaux Etats, dont l'Equateur, lors de son VIe Sommet extraordinaire, tenu le 24 juin à Maracay (120 km à l'ouest de Caracas). Créée en décembre 2004 sous l'impulsion du président vénézuélien Hugo Chavez et de son homologue cubain de l'époque, Fidel Castro, l'ALBA compte désormais neuf pays membres.
L'Equateur, ainsi que les deux petits Etats insulaires d'Antigua-et-Barbuda et Saint-Vincent-et-les Grenadines, ont rejoint officiellement mercredi le Venezuela, Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, le Honduras et la Dominique au sein de l'ALBA. La richesse pétrolière du Venezuela est l'une des bases essentielles de cet outil international de la gauche radicale latino-américaine.
Présent au sommet en qualité d'observateur, le ministre des Relations extérieures du Paraguay, Hector Lacognata, a affirmé que son pays adhérerait aussi à l'ALBA "dans peu de temps".

Ortega dérange
Déjà avant les élections municipales, Ingo Niebel écrit : (le 31 août 08) Depuis le début de l'année 2008, l'Union européenne, avec l'aval de la Maison-Blanche augmente la pression contre le gouvernement de Daniel Ortega. Ils veulent freiner l'avance des gouvernements progressistes du Venezuela, de Cuba, de la Bolivie, du Nicaragua et de l'Equateur. Washington et Bruxelles ont décidé de s'attaquer au Nicaragua, l'un des membres les plus fragiles de l'Alternative Bolivarienne des Amériques (ALBA). Les évènements récents de juin 2009, démontrent, avec le putsch militaire au Honduras, que les Etats-Unis ne laisseront pas se déliter sans réaction leur pré-carré des petits pays d'Amérique centrale et qu'ils feront tout pour éviter la contagion « gauchiste » de l'Amérique du Sud. Les Etats-Unis et l'Europe veulent convertir les élections municipales de novembre en début de la fin du dirigeant sandiniste Daniel Ortega.
Le 17 août 2008, les ambassadeurs des pays de l'Union Européenne s'entretiennent avec l'ONG nicaraguayenne « Etica y transparencia » parce que le CSE ne leur reconnaît pas le rôle d'observateurs. L'argent de cette coûteuse activité vient de l'Ambassade de Norvège et de la NED (Nacional Endowment for Democracy) financée par la Maison-Blanche et qui appuie les groupes voulant déstabiliser ou faire tomber les gouvernements qui s'opposent aux directives de Washington. Dans son livre « Le code Chavez », la journaliste Eva Golinger a révélé l'intervention de la NED dans la politique intérieure du Venezuela avant et après le coup d'Etat avorté. Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Managua s'appelle Robert Callahan. Il était en fonction au Honduras à partir de 1981 sous la direction de John Negroponte qui, en collaboration avec la CIA, a organisé la sale guerre contre le gouvernement sandiniste. Son rôle consista à diaboliser » le FSLN, vanter les mérites de la Contra et cacher les violations des droits de l'homme au Honduras et autres pays de la région (Salvador, Guatemala). Les Etats-Unis ont gelé « provisoirement » tous les projets prévus dans le cadre du « Millenium ». La droite refuse de siéger à l'Assemblée et ne veut pas approuver le budget pour 2009, alors que les fonds pour continuer les projets sociaux et l'amélioration du réseau routier sont disponibles

DANIEL ORTEGA

Né à La Libertad, Daniel Ortega commence des études de droit à l'université d'Amérique centrale de Managua.
Il abandonne la faculté en 1963 pour se rallier au Front sandiniste de libération nationale (FSLN) et se consacrer à la lutte contre la dictature du clan Somoza, au pouvoir depuis 1956. En 1967, il prend la tête du Mouvement urbain de résistance, la plus modérée des trois factions du FSLN en guérilla contre Somoza. Incarcéré de 1967 à 1974 pour le cambriolage d'une banque, il est exilé à Cuba à sa sortie de prison mais regagne clandestinement le Nicaragua pour rejoindre le FSLN.

À la chute du dictateur Anastasio Somoza Debayle, en juillet 1979, Daniel Ortega participe au gouvernement de Reconstruction nationale formé par les sandinistes, soutenu par l'ensemble de la population. Après le retrait de Violeta Chamorro, opposée à l'orientation marxiste du nouveau gouvernement, il prend la direction de la junte sandiniste. Celle-ci s'attelle à la reconstruction du pays dévasté par la dynastie Somoza durant la plus longue dictature de l'histoire de l'Amérique latine.
En 1984, Daniel Ortega est élu président de la République avec 67 % des voix. La participation qui s'élève à 79 % témoigne de la permanence du soutien de la population au leader sandiniste élu pour six ans à la tête de l'État. La même année, il établit des négociations avec les responsables politiques américains et accepte de signer le traité de paix régional rédigé par le groupe Contadora (Colombie, Mexique, Panamá et Venezuela). Au terme d'une longue guerre civile, très coûteuse pour les sandinistes et pour l'économie nationale (les Etats-Unis ont imposé un embargo commercial depuis 1985), il accepte d'organiser des élections libres en 1990 en contrepartie du désarmement des contras.
Aux élections de février 1990, avec 40,8 % des suffrages Daniel Ortega est battu par Violeta Chamorro, candidate d'une coalition conservatrice soutenue par les États-Unis.
Depuis 1995, Daniel Ortega, a transformé le FSLN en parti social-démocrate, il axe sa campagne sur la réconciliation nationale, la paix civile et l'amour. Alors que les sondages pronostiquent un duel au coude à coude, Daniel Ortega échoue pour la troisième fois consécutive avec 42,3 % des suffrages contre 56,3 % pour Enrique Bolanos. Après avoir reconnu sa défaite, il appelle à une " opposition critique mais constructive ". Il siège à l'Assemblée nationale auprès d'Arnoldo Alemán, en vertu d'un amendement à la Constitution qui garantit un siège de député pour le président de la République sortant et un pour le candidat arrivé deuxième lors du scrutin présidentiel. Il conclut un pacte de partage des pouvoirs avec l'ancien président, malgré la condamnation de celui-ci pour corruption, qui aboutit à une paralysie des institutions et suscite de nombreuses critiques dans les rangs sandinistes.
Lors de sa quatrième tentative en novembre 2006, seize ans après avoir quitté le pouvoir, Daniel Ortega est élu à la présidence de la République face à Eduardo Montealegre, avec 37,99 % des voix et une marge suffisante pour l'emporter dès le premier tour. Affichant ses volontés de réconciliation nationale, il a pour colistier un ancien dirigeant de la Contra et adopte un discours modéré, annonçant qu'il respectera la propriété privée et l'économie de marché et cherchera à favoriser les investissements étrangers.
Daniel Ortega est soutenu par une population très jeune qui en majorité n'a pas connu la période sandiniste.
(près de 60 % de la population a moins de 24 ans en 2006)


LE FSLN
Le Front Sandiniste est à vocation socialiste mais il est traversé par divers courants de sensibilités diverses. Il occupe la présidence et a une majorité de sympathisants politiques, mais il reste minoritaire dans les autres pouvoirs de l'Etat et face à toute l'opposition qui s'unit et se pose ensemble en adversaire. Il doit administrer un pays où l'économie capitaliste est dominante et gouverner une société dont les valeurs hégémoniques sont des valeurs libérales et néolibérales. Sa stratégie implique de défendre les mesures révolutionnaires et d'être un parti d'opposition au système capitaliste.
« En 1994, deux tendances s'affrontent : les uns prêchent la renonciation à l'anti-impérialisme, au socialisme, au caractère avant-gardiste du parti. L'autre courant mené par D.Ortéga, exposait la nécessité de réaménager le programme, sans s'éloigner des principes idéologiques du sandinisme. Ce dernier obtient 12 des 15 postes à la direction. Dénonçant son autoritarisme, la plupart des dirigeants nationaux, l'immense majorité de ceux qui ont été ministres et la plus grande part des députés quittent le Front, pour fonder le Mouvement de Rénovation Sandiniste.
(Le Monde Diplomatique de juillet 2009 -Hernando Calvo Ospina.)
Le FSLN reste traversé par des courants qui s'opposent sur les alliances et compromis « stratégiques » avec la Droite depuis la réélection de Daniel Ortega à la présidence depuis 2007.
La lutte idéologique et la division de la société civile
Un des champs de bataille les plus importants est la lutte idéologique, dans la société civile, dans la compétition pour l'hégémonie sociale. Le FSLN s'efforce de mener la bataille des idées face à une opposition qui contrôle les médias et dont les valeurs exercent une grande influence sur une grande partie de la population.
Les Conseils de Pouvoir Citoyen, où les gens pourront questionner le système néolibéral, sont le principal champ de bataille idéologique, au sein de la population. C'est le projet le plus critiqué par toutes les autres forces qui se disputent l'hégémonie sociale.
Des organismes y participent activement, en particulier les moyens de communication et les ONG, mais aussi des groupes plus traditionnels comme les églises et les groupes de pression politique.
La société civile s'est divisée et forme plus ou moins trois groupes civico-politiques : Ces trois organisations expriment des intérêts sociaux et idéologiques différents.
Movimiento por Nicaragua
Ce mouvement est affilié à l'oligarchie conservatrice et ses organisations de parti (ALN-PC) qui ont peu de membres, mais des cadres très influents, surtout dans les médias de communication
Coordinadora Civil
Elle est composée en majorité d'ONG, dont les dirigeants tendent chaque fois davantage vers les positions du MRS, avec un discours anti-FSLN, même si une grande partie de ses bases territoriales militent au Front Sandiniste.
Coordinadora Social
Elle est composée dans sa majorité de mouvements sociaux, de corps de métier et de syndicats proches du FSLN.
Les organisations politiques citoyennes et syndicales
Le rôle des ONG
Les actions des ONG dédiés à l'alphabétisation furent une action noble, mais qui n'eut qu'un impact social très limité, car pendant que 100 personnes étaient alphabétisées, le système capitaliste générait 1000 illettrés.

Sous la droite, le budget de l'éducation diminua de 50 % et il en fut de même pour la santé et les autres services publics, tous en processus de démantèlement.
Le second objectif consista à recueillir les excédents de l'économie populaire par le micro-crédit....
Pour rendre les ONG financièrement indépendantes, la solution proposée fut d'investir le capital avancé par la coopération internationale dans des prêts à court terme. Ainsi ces micro-finances firent le travail des banques traditionnelles. Les taux d'intérêts oscillèrent entre 20 et 60 %. Quelques dizaines de milliards de dollars destinés par le capital international aux pauvres du Tiers Monde commencèrent à augmenter la source occidentale de ces fonds.
Les producteurs appauvris avaient besoin de ces fonds puisque les gouvernements ne leur prêtaient plus. Mais, essentiellement dans le secteur productif, pour quelques-uns qui ont progressé, des dizaines d'autres furent saisis ou entrèrent dans un processus de décapitalisation. Ainsi, lentement, le micro-crédit s'orienta vers le commerce et la consommation, profitant du flux de l'argent provenant des expatriés arrivant chez les pauvres.
LES PARTIS POLITIQUES
PCN : Parti Conservateur National
Alliance libérale : Coalition du PLC (Parti Constitutionnel Libéral), PALI (Nouveau parti Libéral), PLIUM (Parti Libéral Indépendant pour l'Unité Nationale), PUCA (Parti de l'Union centroaméricaine).
FSLN : Front Sandiniste de Libération Nationale
PLI : Parti Libéral Indépendant
PCCN : Parti du Chemin Chrétien Nicaraguayen
PRN : Parti de la résistance Nicarguayenne
MRS : Mouvement de Rénovation Sandiniste
AU : Alliance pour l'Union
LES SYNDICATS
Syndicat sandiniste : Le Front National de Travailleurs regroupe 8 Unions ouvrières.
CPT : Congrès Permanent des Travailleurs (non-sandiniste)
CTN : Centrale des Travailleurs Nicaraguayens (indépendant)
Syndicat patronal
le COSEP : Conseil supérieur de l'entreprise privée
La syndicalisation n'atteint que 30 % et seuls les salariés permanents peuvent y accéder.

L'Emigration
A l'échelle du Nicaragua, ils seraient cinq cent mille de l'autre côté du fleuve frontalier, le San Juan, et trois cent mille dispersés ailleurs - environ 14 % de la population. Pour les campesinos (« paysans ») sans ressources, le Costa Rica est la destination la plus évidente : à quelques heures de bus et, jusqu'à une date récente, accessible sans visa. C'est toujours une dizaine de dollars d'économisés pour ceux qui souhaitent entrer légalement.
Quel que soit leur métier de départ, beaucoup de Nicaraguayens travaillent comme peones dans les plantations costariciennes. Banane, café, ananas, sucre, orange : le pays voisin a su diversifier avec succès un agrobusiness gourmand en main-d'œuvre. « A partir de janvier, je coupe le café là-bas, puis j'enchaîne sur les autres récoltes, explique M. Niño, qui, lassé par la difficulté du travail de la terre à Santa Rosa, y part chaque année illégalement. Et comme d'autres ici, je reviens pour semer le frijol [haricot]. Je gagne au moins deux fois plus que ce qu'on peut espérer au Nicaragua. » Historiquement, pour fuir les périodes de violence, la dictature d'Anastasio Somoza ou encore la guerre des années 1980, les Nicaraguayens se sont toujours tournés vers leur voisin du Sud. Mais, à partir des années 1990, la migration devient économique. Une migration de survie. Après la guerre, la démobilisation a lâché des milliers de soldats et de contre-révolutionnaires dans la nature, sans ressources ni avenir, et l'économie nicaraguayenne s'est révélée incapable de les intégrer. A l'époque, la priorité de Managua était de privatiser et de réduire les dépenses publiques. Avec sa croissance économique et son Etat-providence remarquablement développé pour la région, le Costa Rica est apparu comme un eldorado accessible. « Notre gouvernement trouve un intérêt réel dans cette émigration, analyse Mme Martha Cranshaw, du Réseau nicaraguayen de la société civile pour les migrations (RNSCM), une organisation non gouvernementale d'appui aux émigrés et à leur famille. Elle soulage la pression créée par le chômage. Mais nous commençons à saisir l'impact de ce phénomène sur notre pays. » Parfois à contre-courant des analyses en vogue...Tandis que l'Organisation internationale des migrations (OIM) et l'Organisation des Nations unies (ONU) misent sur les transferts d'argent des émigrés pour relancer le développement, au Nicaragua, des enquêtes de terrain démontrent que les 900 millions de dollars de transferts - plus que les exportations du pays - servent surtout à adoucir le quotidien d'une population à bout. Le RNSCM observe également un autre phénomène, moins immédiatement quantifiable : « Nous prenons peu à peu la mesure des milliers de drames individuels que représente l'émigration d'un père ou d'une mère de famille. Collectivement, l'impact de ce phénomène sur notre société est immense », confie Mme Cranshaw. Familles déstructurées, enfants élevés par des grands-parents plus ou moins présents, absence de la figure paternelle ou maternelle, désertion scolaire : quelle société se prépare le Nicaragua ?
REF : Le Monde diplomatique (www.monde-diplomatique.fr), décembre 2006.

Le travail des enfants
« L'enfant ne doit pas être admis à l'emploi avant d'avoir atteint un âge minimum approprié; il ne doit en aucun cas être astreint ou autorisé à prendre un emploi qui nuise à sa santé ou à son éducation, ou qui entrave son développement physique, mental ou
moral. ». Or, cet article de la déclaration des droits de l'Enfant, adoptée le 20-11-1989 est constamment contredit par la situation des enfants dans de nombreux pays. Au Nicaragua, le travail est autorisé à partir de 14 ans. Cependant, on compte quelques 314.000 enfants travailleurs âgés entre 5 et 14 ans (1) Pendant deux ans, en effet, des éducateurs ont donné la parole à des groupes d'enfants travailleurs, qui ont pu ainsi témoigner de leurs conditions de vie (2). Et le résultat de ce dialogue ne va pas dans le sens de ce qui est prôné par les organisations internationales et de nombreuses ONG..
Lorsqu'on leur donne la parole, le problème apparaît sous un autre jour. Ils disent vouloir travailler. Ils vont même jusqu'à affirmer que « Si on nous interdit de travailler, on remet en cause nos droits (3)». En effet, par leur effort, ils contribuent à leur subsistance et à celle de leur famille. Ils se construisent aussi : « Si nous ne travaillions pas, nous serions analphabètes, nous n'aurions pas de vêtements, nous serions dans la misère et morts de faim ». L'école, payante, est au-dessus des moyens. Par ailleurs, et bien que ce ne soit pas le cas dans la ville, le travail des enfants à la campagne est fortement enraciné dans la culture paysanne. L'enfant s'initie ainsi aux travaux des champs et acquiert sa place dans la communauté villageoise. On lui donne
parfois un lopin de terre pour qu'il puisse y planter sa propre récolte. Le travail des enfants, dans la mesure où il s'agit d'un acte de survie ou d'un acte coutumier, trouve ainsi son sens.
À la campagne, les enfants travaillent 10 à 14 heures par jour, et mettent sans cesse en péril leur santé par l'utilisation de pesticides et de matériel inadapté à leur taille. À la ville, ils sont vendeurs ambulants, même le soir. Soumis à la maltraitance des adultes qui les paient ainsi qu'à celle de leurs parents, aux abus sexuels, au regard méprisant de la société, à des horaires excessifs et irréguliers, les enfants travailleurs du Nicaragua sont conscients de la gravité de leur situation.
« Oui au travail, non à l'exploitation ». Ainsi, cette phrase fut le slogan du III rassemblement du Mouvement des enfants travailleurs du Nicaragua, les NATRAS, en 1995. Les NATRAS pensent en effet que la solution à leur exploitation n'est pas dans l'interdiction du travail pour les enfants. Puisqu'ils ne peuvent faire autrement que de travailler, pour assurer leur subsistance, ils veulent que leur activité soit réglementée. Ils revendiquent une reconnaissance sociale et un code du travail similaire à celui qui protège
les adultes. Car comme le dit un des enfants concernés, qu'est-ce qui fait que le travail n'est pas considéré comme dangereux pour les adultes? Le fait qu'ils sont adultes, ou les lois qui les protègent de l'exploitation?
Les enfants travailleurs du Nicaragua « rêvent d'un monde où les jeux, les études et le travail puissent être compatibles 4», d'un monde où leurs droits seraient respectés. À quand un monde sans pauvreté? Inès Vicario

Le Nicaragua et la violence
L'extrême pauvreté, un chômage avoisinant les 50 % dont la moitié touche les jeunes de moins de 24 ans ont permis le développement des Maras). Ces gangs constituent une grave menace pour l'ordre public dans certains pays d'Amérique centrale (Guatemala, Salvador, Honduras). Composés d'une multitude de réseaux hiérarchisés transnationaux, exerçant une violence systématique, ils ont bouleversé en quelques années le paysage social en Amérique centrale. Sa localisation géographique fait du Nicaragua une zone de transit des drogues (cocaïne et héroïne) en provenance d'Amérique du Sud (Colombie) vers le Mexique et les Etats-Unis. Le phénomène des Maras ne revêt cependant pas au Nicaragua la même gravité que dans certains Etats voisins (Salvador, Guatemala, Honduras).
Le pays demeure plus sûr que ses trois voisins du nord, en raison, pour une grande part, du pouvoir de contrôle de l'armée et de la police sandinistes. On s'y sent plus en sécurité que chez les voisins du Costa-Rica, plus riches mais plus exposés au banditisme. On ne risque pas d'être attaqué dans l'autobus comme au Guatemala (66% des bus y ont été agressés !). On peut s'y balader en toute sécurité, loin des images de violence civile qui règnent hélas dans d'autres pays du continent. Je peux en témoigner. Près de vingt ans après la fin des combats, les tensions persistent encore entre les ex-contras (recontras) et les ex-sandinistes (recompas) et le mélange des deux (revueltos). Cependant, si le combat politique est féroce et tranché, avec une presse de droite (La Prensa) qui véhicule la propagande la plus réactionnaire qui soit, dans une lutte idéologique intense pour la prise du pouvoir des consciences, en même temps le citoyen nicaraguayen respecte l'autre.
Et maintenant ?
Dans ce contexte, Daniel Ortega, ancien farouche adversaire des États-Unis, est revenu au pouvoir avec la promesse de lutter contre la faim, le chômage et l'analphabétisme que les gouvernements de droite précédents n'avaient même pas essayé de juguler. Les premières mesures prises par Ortega vont en effet dans ce sens :
-rétablissement de la gratuité des services de santé et d'éducation,
-réduction de 50% sur les salaires des hauts fonctionnaires et
- mise en place d'un programme d'aide aux familles rurales pauvres.
Cependant, 26 ans après, de ce FSLN révolutionnaire des années 80, il reste peu de choses. Le FSLN de 2007 ne rompt pas vraiment avec le modèle néolibéral. Ortega promet la fin du capitalisme sauvage, mais il s'est empressé de déclarer qu'il respectera le traité de libre-échange centre-américain avec les Etats-Unis et la libre entreprise, qu'il souhaite maintenir de bonnes relations avec Washington et qu'il négociera un cinquième programme avec le FMI. La possibilité de promouvoir des renationalisations ne figure pas à l'agenda et Ortega a assuré qu'il honorera le paiement de la dette publique. De quoi contenter la partie de la droite avec laquelle il gouverne (ne disposant pas de la majorité à l'assemblée), les impérialistes américains et l'oligarchie nicaraguayenne !
La négociation du cinquième programme avec le FMI
En vue de la négociation du 5ème programme avec le FMI, Ortega devait reformuler le projet de Budget 2007 rédigé par le président sortant Bolaños et le « Cadre budgétaire de moyen terme » 2007-2009 et qui devrait refléter les priorités du nouveau gouvernement dans la lutte contre la pauvreté. Or, Ortega s'est tout simplement approprié le document rédigé par son prédécesseur !
Le budget est bien loin de refléter les nouvelles priorités du gouvernement. Celui du ministère de la Santé est passé en 2007 de 210 millions à 217 millions ; celui du ministère de l'Education, avec une augmentation de 22,7 millions, représentait 15,3 % des dépenses totales contre 14 % sous l'ancien budget ; 274 millions seront consacrés au service de la dette publique.
Les conditions du FMI, validées par Bolaños et adoptées par Ortega
- Réforme de la Sécurité sociale
Le FMI exige d'effectuer des « réformes paramétriques » : augmentation du taux de cotisation et du nombre d'années de cotisations nécessaires pour avoir droit à la retraite et réduction drastique du pourcentage du dernier salaire sur lequel est calculé le montant de celle-ci.
- Gel de la masse salariale du gouvernement en terme réel
- Réformes de la Loi de stabilité énergétique, dans le but d'éliminer toute possibilité d'introduire le contrôle des prix de l'énergie et des hydrocarbures.
- Réforme de la Loi des communes et de la Loi de transferts budgétaires
Le FMI exige la « neutralisation » définitive des transferts aux municipalités, en leur attribuant de nouvelles compétences et responsabilités, jusqu'alors remplies par le gouvernement central. De sorte que ces transferts budgétaires qui permettaient aux municipalités de couvrir les déficits serviront à présent à faire face à de nouvelles responsabilités. Les municipalités, qui définissaient leurs propres programmes de développement, indépendamment des programmes nationaux et en fonction des besoins des populations locales, se convertiront alors, via le transfert de compétences, en simples « agents » qui exécutent les politiques et priorités nationales.
- Entrée en vigueur de la Loi de responsabilité fiscale
Cette loi vise à soumettre définitivement la politique fiscale du pays aux conditions du FMI. Avec les « plafonds », règles et restrictions fiscales convenues avec le FMI, les dépenses sociales du gouvernement se verront réduites, dans le but d'assurer avant tout la disponibilité des ressources pour garantir le paiement de la dette publique.
La logique financière du Cadre budgétaire 2007-2009, qui suppose le gel des dépenses publiques (autour de 20 % du PIB) et l'augmentation du paiement de la dette publique (qui représentera jusqu'à un quart de l'ensemble des ressources du gouvernement), est en contradiction totale avec les promesses électorales du FSLN. L'amélioration des conditions sociales de la population requiert un changement radical dans les priorités budgétaires et l'assignation de montants significatifs aux services sociaux et à l'infrastructure de base. Avec ce « Cadre », la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et des objectifs nationaux en matière d'éducation et de santé se verrait gravement compromise. Dans son « Plan national de développement », le gouvernement lui même reconnaît que les attributions à l'éducation et la santé seront tellement réduites qu'elles permettront difficilement de maintenir la faible couverture existante. Le budget de l'Education serait gelé à 3 % du PIB alors que le ministère de l'Education estime qu'il devrait au moins atteindre 4,7 % sur cette période pour atteindre les ODM et les objectifs nationaux. Cela signifie qu'il sera impossible d'augmenter substantiellement les salaires dans les secteurs de l'éducation et de la santé. Or c'est nécessaire si on veut attirer du personnel plus qualifié et par là améliorer la qualité de l'enseignement, de la santé et les perspectives de futur. Il ne sera pas non plus possible d'embaucher de nouveaux instituteurs et travailleurs de la santé nécessaires pour atteindre les objectifs nationaux.
C'est l'énorme soif de changement, surtout dans les couches sociales les plus pauvres, qui a permis le retour à la présidence de l'ex-leader marxiste. Le gouvernement devra faire face à de grands défis pour remplir ses promesses et assurer l'accès de la majorité exclue et marginalisée de la population à la santé, l'éducation et l'infrastructure de base. Mais Ortega pourra difficilement à la fois combattre la pauvreté et préserver les intérêts des capitalistes.
Allain Louis Graux (3. 07. 2009)
Références et sources
- le Monde Diplomatique - Risal - Inti Solidarité - Enquête personnelle

 


Publié à 01:56, le 4/07/2009,
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